Invitation à écrire
Mot pour mots : eskimo
Participez à cette invitation à jouer avec les mots avec ce « mot pour mots ».
Le principe ? Laissez libre court à votre imagination autour de ce mot, tout est permis. Ecrivez un petit paragraphe de 800 caractères maximum à partir d’un mot.
Aujourd’hui : ESKIMO
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Voici ma proposition, à vous de jouer :
Nungusuittuk, « Éternel ». Longtemps, je me suis demandé d’où ma mère avait tiré l’idée saugrenue de m’affubler d’un nom pareil. A l’heure où la banquise se dérobe sous nos pieds, mon prénom sonnait comme une farce polaire !
Angakkuk, ma tante, prétend que, par ce choix sémantique, sa sœur voulait conjurer les ravages de l’alcool sur le quotidien de mon père, ce piniartoq (« chasseur ») – jadis intrépide et désormais irrémédiablement bredouille –, héros malgré lui d’Addiction sur la banquise, premier opus de la série documentaire Eskimo.
A la faveur des récits de mes aïeux, je comprends aujourd’hui que mon état civil, pied-de-nez magistral à l’infâmie de décennies d’assimilation forcée, est plutôt une invite à cultiver la vigueur de mon sang.
Alex Febo
Mot pour mots d’Emmanuel VD 😉:
Nous, les habitants du Nunavut – Notre terre –, revendiquons notre culture et notre identité. Bien que notre territoire initial, l’Inuit Nunangat, ait été beaucoup plus étendu, celui-ci a au moins le mérite de nous reconnaître une existence. Nous sommes un peuple à part, peut-être est-ce la raison pour laquelle nos mœurs particulières ont donné lieu à tant de préjugés : chasseurs, pêcheurs, subsistants dans des conditions extrêmes, enduits de graisse de phoque… Mais, avec les objets du quotidien et les représentations du vivant que nous réalisons, en ivoire de morse, bois de caribou ou stéatite, on nous considère aussi dorénavant comme des artistes, nous, ceux qu’on nommait autrefois avec mépris les Esquimaux, les mangeurs de viande crue.
Emmanuel VD